mars 2017 : La Ronde, « cuisines »

Merci à Jean-Pierre pour ce texte, dans le cycle de notre Ronde

    De la cuisine en général et des cuisines en particulier.

Cuisine, un mot au sens précis dès lors qu’il s’agit du lieu où se prépare la cuisine dans une méthodologie propice à toute combine qui permet d’aboutir au but choisi. Autrement dit le mot autorise tout vagabondage, il va comme vont les oiseaux, là où le vent les porte.

La cuisine nécessite un foyer, d’où ces monumentales constructions, extérieures d’abord, qui font saillie sur les murs et les toits et signalent par la fumée qu’elles dégagent l’existence même de ce foyer. A l’intérieur l’âtre devenu captif de la maçonnerie annonce le niveau social du propriétaire et permet à la maisonnée de se tenir chaudement autour des plats en préparation, sous le manteau, encadré par des piédroits parfois très décorés.

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 décor de piédroit de cheminée, XIIe siècle, Vanault-le-Châtel, Marne. 

Tout cela pour cuisiner, c’est-à-dire apporter du plaisir dans le besoin, des épices au neutre du bouilli, du craquant parfumé au gril côtelé. On sent déjà, on hume ici, les senteurs épicées, les alliances de goût, bref toutes les combines qui vont élaborer la cuisine de parti et qui, précisément, vont prendre souvent naissance autour de la table. Si l’argent n’a pas d’odeur en dessous de (la) table, la cuisine hélas en a, et laisse échapper un fumet plus ou moins corsé qui va attirer les mouches et par une sorte de génération spontanée, inviter les canards déchaînés à cancaner vers les extrémités de la terre les manières d’accommodements, les recettes de liaison de sauces. Quels mets, quelle cuisine !

Le consommateur commande au menu ou à la carte selon le marché du jour, fort garni ces derniers temps. Le salé et le sucré y trouvent mélanges de convenance, sont l’écho des amateurs de l’un qui vilipendent l’autre. Que du plaisir dans l’acidité ou le moelleux, du moins pour le chaland.

Table quatre, la Victor, servez et n’oubliez pas : « bon appétit, messieurs ! » – Oui chef !

 

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carte postale humoristique, 1903.

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À la fin du dimanche il fallait monter au nord du verger, écarter sur le talus les branches de noisetier et de sureau, et là, enfant à califourchon sur l’éboulis du mur, assister au roulement de nuages contre la joue mauve des collines. Alors le crépuscule venimeux, le naufrage de la couleur, alors la ruine de la lumière, encerclée, vaincue, entre les blessures claires du bocage d’hiver, plus la nuit portant l’estocade et s’allongeant sur les gravats du jour.

Revières , 1947

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Et des années après ( ou avant ?) dans l’atelier face au même visage encore, le même repris une autre fois, sur la feuille bruissante, sur le carton crème, puis sur la toile de lin clouée  aux tasseaux du mur, assis près de la fenêtre, portant un pantalon noir, une veste de velours à côtes, il ferme un moment les yeux, reprenant du bout des doigts, des ongles pianotant le thème obsédant de la mélodie, sentant cette fois, ( cette unique fois ?) qu’il est – va savoir – dans le bon tempo.

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un promeneur [à propos de Joseph F.]

http://2yeux.blog.lemonde.fr/

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Urbanisation

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