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Par la vitre du train lancé à pleine vitesse : une moissonneuse sous le soleil, un plan d’eau dont le reflet fouette le regard, un vallon qu’on traverse dans un mélange trop rapide de verts et de brun, ou bien vers le haut le galop des nuages, le roulement de cette matière pulpeuse où les nuances s’esquissent puis se mêlent , et que le soleil déchire et dilapide sur les bords. Il pense qu’il travaille, que le livre et le paysage se répondent, mais la vitesse l’amollit, le berce et l’emmène vers une rêverie plus libre, alors entrent les visages : bouches et figures familières, paroles, chansons , vies traversées puis c’est une foule qui s’ouvre comme une prairie d’herbes hautes et qu’il frôle, caressant son visage et qui murmure, alors il traverse le quai, marchant lentement vers le bord de l’eau. Bientôt il y a moins de monde, de petits groupes épars , puis des individus isolés, la figure tournée vers l’ouest d’où vient le vent ; il ouvre les yeux mais le livre lui a échappé des mains.

avril 2020, La Ronde (Silence)

sur le mot SILENCE, ronde de ce mois d’Avril confiné

et ici j’accueille avec plaisir Dominique Autrou pour un poème anagrammatique et pour ma part je vais chez  chez Giovanni qui écrit chez Marie-Noelle  laquelle écrit chez Hélène  qui écrit chez Noël  qui écrit chez Franck, lequel écrit chez Dominique qui transmet à Jacques mais il y a aussi Céline (qui écrit « Trève » sous le texte de Franck) et puis Guy           :

 

Ciel, une île !

Clé ciselée, le sens ne lésine, encense :

sciènes nées ici, silènes enclins.

Siècle en scène, les nièces en cilice :

« Élise, le slice ! » (ciné !)

 

Il scie les éléis, les lis (le nec)

Sienne, les seins enliés,

elle lisse le sel, lie le lin

(une lie sénile : « Lésés ! »)

Cils secs, il nie le lien, s’enlise : « Silence ! » (sic)