errances [Cointrin 1951]

Ce fut un moment d’ennui, de neige incertaine dans le temps mouillé d’un jour anonyme au milieu des objets immobiles et pacifiques. Quand ça arrive ici, et qu’il est inutile ou fatigant de penser fuir la Suisse, je préfère m’asseoir et regarder les gens, les voir se hâter par les rues, les suivre du regard. […]

Steinbruch [1938]

(…) c’était la nuit, la vue ne servirait plus à rien, alors je m’accoudais à la fenêtre et j’entendais la Mer: de grands sacs de bruit qui venaient se déposer le long des peupliers du lac en fait, ces cadeaux amenés d’ailleurs, dans la respiration de grands chiens d’ombre. Et j’allais dormir bien confiant, nageant […]

Paris, à Etienne Pokens [été 1950]

(…) alors je suis passé par un averse de tristesse, un de ces moments dans l’année, dans la vie, où l’afflux des souvenirs, des impressions, des regrets, une certaine amertume née de la lucidité empêche de voir plus loin. Je marchais dans le quartier entre la rue Dauphine, le Pont Neuf puis retour par les […]

matin [Paris Hotel Buffon mars 1954 ]

Ce petit mot, ce bruit de lèvres qui s’entrouvrent comme une porte, cette ébauche du cri dans le son de ce mot quand on le lit. Ecrire donc mais lentement: avec peu d’adjectifs – trop qualificatifs, ils emprisonnent le lecteur -, peu ou pas d’adverbes – pas d’emphase -, hors métaphores convenues,  hors convenances, hors […]