[variations 5] Journal d’Anne

C’est une lettre que Joseph écrirait à Jacques Baillet un mois d’Avril 1950 après un séjour sans intérêt à Angoulême puis Clermont-Ferrand :

À cette époque là il pleut. Son humeur est médiocre, du fait d’une accumulation de causes dérisoires. Alors revient l’ envie de la gravure, rien d’ennuyeux en cela, tu sais que c’est un processus long, paisible, qui confère l’amnésie. Minutieux, répétitif, qui aide à passer les heures grises. Une chose lui dit-il qui contient pour moi l’idée de mémoire puicompense qui s’impriment au fil des jours dans le bois – ne dit-on pas d’ailleurs gravé dans le souvenir ? -à un moment le dessin s’arrête, il dit qu’il est seul juge. Mais ce qu’il imagine en négatif est toujours différent de ce que l’encre révèle. Puis il numérote les épreuves, comme les dates d’un calendrier qui défile. Et détruit la plaque, les chiffons, les journaux, toute ce bazar et il ne reste plus que le blanc du papier et la couleur. Mais il s’agit alors de « souvenirs nouveaux » qui sont ce qui se passe quand on regarde s propre visage dans le miroir, à travers une symétrie, survient un autre que nous mëme ; amical peut être mais étranger et intéressant.

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