jour de froid [Avril 52, Faucigny, Hôtel des rives]

(…) pour te dire et quant à moi je n’ai pas bougé: gravé au moins huit villes sur des petits formats de la taille d’une carte postale, mais il fait si froid que je devais tiédir le lino sous une grande casserole d’eau chaude avant de l’entamer. Huit villes imaginaires (8 fois Einstadt) où je voyageais par la pensée, décidant alors de leur orientation, de la présence ou non d’un fleuve, d’une gare (chose capitale) de la rue où habiterait Raya, des magasins qu’on y trouve, et dans quels quartiers, des dégagements, places, localisation des temples, églises, écoles, satdes, de la Mairie, et des places qui pour moi font le charme des villes. Ai-je eu le temps de penser à notre petite affaire ? pas un instant, et la radio a marché toute la journée, cette brave radio suisse pleine de nouvelles bénignes et rassurantes qui n’offenseront jamais le bon peuple protestant sous son joli bonnet blanc. Rues calmes où rien ne bouge, ni vent, ni ordre social. Par ce froid le premier merle que j’ai entendu, le seul peut être c’est vers midi. Mais un merle charmant, un virtuose alors, et alors je n’ai pas regretté tout ce silence, je peux te dire ! J’ai donc existé une journée de plus, ceci ne change rien à rien, … mais quand même huit gravures (ou sept ?) et demain le reste  cette fois sur bois, sur de grandes feuilles de bois de la taille d’un grand cahier. (…)

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