un poème [Paris 1946]

Je n’ai pas prononcé le poème
Qu’il sort de ma gorge, de mon cœur,
Qu’il transperce
L’évidence,
Qu’il abat toutes mes certitudes,
Absout mes reniements,
Mes faiblesses, mon doute.

Je parle du poème de sang et de cailloux
De notre corps qui change
De notre cœur qui s’épaissit
Des regards qui pâlissent.

Je ne prononce pas l’homme
J’aboie l’homme :
Sa douleur de passer
Et ce regard qu’il lance vers la nuit
Agitant ses bras et ses lumières
Et son très peu de choses qui demeurent

%d blogueurs aiment cette page :