lettre 4/8 [1951 Paris]


– j’ai peur qu’après ça ne soit pas
, plus pareil ?
– mais non Bon Dieu
– tu as peur aussi ?
– un peu


(ensuite un solo de piano pour la main droite, dessous à peine quelques échos d’une véritable nappe sonore à la batterie, crescendo, puis des accents de contrebasse. Après quatre mesures, une syncope, et le solo de clarinette qui commence, prend le pouvoir, lui déchire le foie, dure à peu près deux minutes, et à ce moment l’image du visage dure sur l’écran, lèvres, bouche, puis chaque morceau du visage, un par un, avec toutes les imperfections, la naissance des lèvres, les lisières de la joue, et derrière en contre-plongée un bateau qui passe oblique, blanc et noir. Pourrait être un oiseau.)


S’est dit que la musique à ce moment là est nécessaire, d’ailleurs l’avait écrit un peu avant, (elle avait dit) aussi: après ça s’est passé exactement comme je pensais, plus aucune nouvelle de lui, je te … etc. La lettre n’est pas signée ni datée il me semble.


la lettre ?


allez va, diot !


Quelques jours après (avant ?) François dans un bistro – « l’Arrivée », ou « Le Moderne » ou « l’Ouessant » – près d’un port, à proximité de la gare.

Puis marchant dans la pénombre au milieu d’une alchimie de notes de couleur acide, cherchant un endroit sombre, un peu loin du pétillement de la rue. (Elle pense)  » à la décomposition des souvenirs: l’apparence, la forme, puis leur chair même, puis quoi ? reste l’ossature friable « 


Mais qui y retrouve un ordre, une signification ? (…)

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