je cherche à comprendre

ce qui en moi s’accorde à ce qui disparaît, s’efface, à cette empreinte d’un passé, à cette trace malade de mémoire qui s’ensable: oui pourquoi cette affection pour des vitrines vides, empoussièrées, pour ces pièces sonores et renfermées où quelques feuilles jaunissent, comme s’il s’agissait de souvenirs quasi-archéologiques d’existences mal datées, que la vie s’était arrêtée ici d’un seul coup comme à Pompéi, ou bien elle s’était amenuisée, anémiée, éteinte, avec de moins en moins d’espace, de curiosité, de mouvement ou de paroles, et dans ces débris que la lumière du plein été fatigue et semble dissoudre, qu’il me semblait bon de plonger ma mélancolie, de regarder s’enfuir les échos, de chercher sans aucune chance d’y arriver la trace d’un profil, ou le parfum d’une fleur (dans le coin à droite des tiges et des feuilles brunes qu’un enfant avait mises dans un verre à dents) très longtemps après une guerre secrète où le Temps gagne à chaque fois et nous jamais.

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